15 / 02 / 2008 16h40

Teamsters Canada/Fusions et acquisitions : un traitement équitable pour les employés

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 15 fév. 2008) - L'an dernier, plus de 2 000 fusions et acquisitions ont été conclues au Canada pour une valeur totale de près de 270 milliards $ US. Selon ce que rapporte la société KPMG, il s'agit d'une hausse du nombre de fusions et d'acquisitions de l'ordre de 16% par rapport à l'année précédente, et une augmentation de 50% de la valeur de ces transactions. Les acheteurs, étrangers, mais aussi canadiens, profitent ainsi de la mondialisation des marchés, des traités de libre-échange et de la saine économie du pays pour saisir ces occasions de prises de contrôle, sans égard aux conséquences de ces transactions sur les travailleurs.

En effet, de nombreux Canadiens s'interrogent aujourd'hui et s'inquiètent des conséquences de ces fusions et acquisitions sur leur emploi et leur avenir. Incertitude, réorganisation du travail, reclassement et pertes d'emploi sont immanquablement associés à ces transactions. Elles ont un impact direct sur les conditions des travailleurs des entreprises concernées.

Comment pouvons-nous croire que la mouvance actuelle qui secoue nos entreprises aura des retombées positives pour l'ensemble des travailleurs canadiens ? Une fois les transactions réalisées, les nouveaux dirigeants ne viseront-ils pas un retour rapide sur l'investissement, et à leur tour, voudront-ils effectuer des réorganisations majeures au sein même de leur nouvelle acquisition en abolissant ou en impartissant des postes, question de générer les profits attendus?

D'autre part, la vente de plusieurs entreprises canadiennes, au cours des dernières années, a permis de constater que les dirigeants de ces sociétés sont souvent les premiers à passer à la caisse. Pensons aux dirigeants de BCE et d'Alcan qui empocheront des dizaines de millions de dollars. Ainsi, lorsqu'une transaction est annoncée, les patrons et les actionnaires s'enrichissent alors que les employés ne récoltent qu'inquiétude et angoisse. Les travailleurs constatent que le traitement des dirigeants d'entreprises, comparativement à celui des employés, est complètement disproportionné. Non seulement les dirigeants d'entreprises canadiennes récoltent les fruits des transactions, mais en plus ils demandent à leurs employés d'être mieux formés, toujours disponibles, flexibles, loyaux et " mobilisés ". Mais que leur donne-t-on en retour ?

L'avenir de l'économie canadienne passe par la création d'emploi, le respect des conditions de travail des travailleurs et une reconnaissance de la contribution de ceux-ci au développement et à l'activité économique du pays et de leurs entreprises. Alors que les fusions et acquisitions ont un impact social et économique considérable sur l'ensemble des travailleurs canadiens, le plus souvent à leur désavantage, il est temps que les dirigeants d'entreprises, qui récoltent la majorité des profits des transactions, cessent de faire supporter ce fardeau à la société et contribuent, eux aussi, à amoindrir les effets néfastes des acquisitions et des fusions.

Teamsters Canada estime qu'il est grand temps de protéger les travailleurs de ces entreprises et propose qu'une somme de 1% de la valeur de la transaction soit réservée, pendant une période de cinq ans, pour venir en aide aux travailleurs qui devront subir les contrecoups négatifs d'une fusion ou d'une acquisition. Cette somme, en tout ou en partie, pourrait être remise à l'acheteur au terme de la période de probation de cinq ans. Le montant ainsi réservé permettrait, par exemple, de bonifier des pertes de salaires en cas de reclassement, de payer des cours de formation pour des travailleurs qui devront éventuellement améliorer leur compétence ou leur chance de se trouver un emploi, de permettre de bonifier des offres de départ à la retraite, ou encore de donner une aide psychologique aux employés affectés par la vente de leur entreprise.

Cette mesure permettrait ainsi de protéger et de supporter concrètement le principal actif des entreprises, ceux qui contribuent directement à leur croissance, c'est-à-dire les travailleurs. Il serait injuste d'oublier ces Canadiens et ces Canadiennes qui contribuent chaque jour à développer l'activité et la croissance économique du pays.

La mise en oeuvre de la réserve du 1% permettrait non seulement d'amoindrir les impacts négatifs entraînés par les fusions et les acquisitions sur la société canadienne, mais aurait des conséquences positives sur le niveau de motivation de l'ensemble des travailleurs qui verraient que leur voix est enfin entendue.

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