23 / 05 / 2007 00h10

Enquête sur la fraude à l'étranger: la plupart des entreprises y sont mal préparées selon une étude de KPMG

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 23 mai 2007) - De nos jours, il suffit de quelques secondes à un cybercriminel pour transmettre de l'argent ou des droits de propriété intellectuelle volés à l'autre bout du monde et pourtant, les sociétés sont souvent mal préparées à enquêter rapidement et efficacement sur une fraude commise à l'extérieur du pays où est situé leur siège social : voilà ce que révèle une nouvelle étude réalisée par KPMG International.

Selon un sondage mené par KPMG auprès de cadres supérieurs de 21 pays, 92 % des répondants ont dit ne pas s'attendre à une diminution du nombre des enquêtes d'envergure internationale au cours de l'année à venir - beaucoup prévoient au contraire qu'elles se multiplieront. Malgré tout, 56 % des répondants ont indiqué ne pas avoir mis en place de procédures d'enquête rigoureuses. En revanche, 60 % des dirigeants admettent que la planification d'une enquête est essentielle à sa réussite.

"Les fraudeurs opèrent au mépris des frontières internationales, affirme Stéphan Drolet, associé en juricomptabilité chez KPMG à Montréal. Les entreprises doivent donc redoubler de vigilance et se doter des ressources nécessaires pour réprimer la fraude, la mettre au jour et la combattre.

"Il leur faut un groupe d'enquêteurs astreints à une stricte discipline et rapides comme l'éclair qui puissent détecter la fraude et faire enquête - bref, l'équivalent d'une équipe d'intervention SWAT des forces policières, de poursuivre M. Drolet. En plus d'entraîner des pertes financières, l'inefficacité du processus d'enquête peut nuire à la réputation d'une organisation, à sa capacité de gestion des risques et faire douter de son attachement à une bonne gouvernance d'entreprise."

Il suffit de quelques secondes pour transférer des fonds à l'étranger. Un cyberfraudeur qui parvient à détourner des fonds pour son usage personnel et à les virer à l'étranger, dans un pays où les opérations bancaires sont protégées par des règles strictes de confidentialité, peut rapidement brouiller les pistes.

"Les organisations multinationales ont tendance à se doter d'une seule méthode d'enquête, quels que soit le pays où elles exercent leurs activités, alors que les lois et les règlements, ainsi que les mesures policières varient d'une nation à l'autre et évoluent constamment, ce qui peut ralentir les recherches, a précisé M. Drolet. Les entreprises devraient établir des lignes de conduite de portée générale, tout en sachant les adapter aux particularités de chaque pays en faisant appel, idéalement à une équipe locale bien formée, connaissant la langue, la culture ainsi que le cadre juridique et réglementaire du pays.

Les répondants au sondage de KPMG ont indiqué que différents facteurs leur compliquent la tâche lorsqu'il s'agit de procéder à des enquêtes à l'étranger. Ils entrent dans quatre grandes categories :

- différences culturelles, linguistiques et juridiques;

- difficulté de déterminer la réaction initiale devant un cas de fraude présumée;

- absence d'une équipe d'enquêteurs possédant l'expérience et les compétences techniques voulues;

- non-disponibilité des données électroniques et difficulté d'y accéder.

En outre, seuls 48 % des répondants affirment que leurs équipes d'enquêteurs ont reçu de la formation dans les six derniers mois, contre 27 %, dont le personnel n'a pas été formé au cours de la dernière année.

M. Drolet ajoute qu'une enquête sur fraude qui s'étend à l'étranger a de meilleures chances d'aboutir si les dirigeants adoptent certaines measures :

- Evaluer les compétences de leur organisation en se basant sur les meilleures pratiques reconnues dans l'industrie.

- Evaluer leurs protocoles d'enquête et s'assurer que le conseil et le comité de vérification sont informés de tous les problèmes.

- Veiller à la désignation d'une seule instance responsable de communiquer les cas de fraude et de malversation.

- Former les équipes d'enquêteurs à la gestion des cas de fraudes et de malversations à l'étranger.

- Rédiger un guide d'intervention en cas d'incident, comprenant un ensemble complet de protocoles.

- Evaluer le cadre juridique local et l'aptitude des services TI de l'organisation à extraire rapidement des données stockées dans des systèmes disséminés dans différents pays.

- Faire participer le conseiller juridique de l'entreprise à tous les aspects de l'établissement initial des protocoles d'enquête et des procédés et méthodes.

- Faire appel à des ressources externes possédant une connaissance approfondie du secteur et une vaste expérience des enquêtes internationales.

Selon M. Drolet, près de 80 % des répondants estiment que dans les cinq prochaines années, la maîtrise des technologies de l'information sera plus essentielle encore qu'à l'heure actuelle au succès des enquêtes sur les fraudes à l'étranger. "Parvenir à mieux mettre à profit la technologie pour lutter contre la fraude demeure l'un des objectifs prioritaires des entreprises qui veulent la mettre au jour, enquêter et recouvrer leurs pertes", a-t-il souligné.

Quelque 103 dirigeants du Canada, des Etats-Unis, d'Amérique du Sud, d'Europe, d'Asie, d'Australie et d'Afrique, responsables des enquêtes à l'étranger menées au sein de sociétés multinationales, ont répondu au sondage de KPMG réalisé à la fin de 2006 et au début de 2007.

KPMG est un réseau mondial de cabinets de services professionnels qui offrent des services de vérification et de fiscalité, ainsi que des services-conseils. KPMG a des établissements dans 148 pays et ses cabinets membres emploient 133 000 professionnels. Les cabinets indépendants membres du réseau KPMG sont affiliés à KPMG International, coopérative suisse. Chaque cabinet est une personne morale distincte et se décrit comme telle.

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