27 / 08 / 2008 15h41

L'Indice Scotia des prix des produits de base atteint de nouveaux sommets en juillet

TORONTO, le 27 août /CNW/ - L'Indice Scotia des prix des produits de base, qui mesure la tendance des prix de 32 des principales exportations canadiennes, a grimpé de 4 % d'un mois sur l'autre en juillet et atteint un nouveau sommet record pour le septième mois de suite.

"La progression cyclique des prix des produits de base, après le creux d'octobre 2001, à 226,8 %, égale pratiquement désormais l'énorme avancée de 235,1 % enregistrée dans les années 1970 dans la foulée de l'embargo pétrolier des pays arabes", a indiqué Patricia Mohr, vice-présidente d'Études économiques Scotia et spécialiste du marché des produits de base. "La force de ce mouvement haussier témoigne de la croissance remarquable de la demande des 'marchés émergents' au cours de la décennie face aux contraintes importantes sur le plan de l'offre dans de nombreux secteurs primaires."

La vigueur des prix des produits de base a été générale en juillet, l'indice des métaux et des minéraux ayant enregistré la plus forte progression (hausse de 5,9 % d'un mois sur l'autre). Les prix au comptant de la potasse au port de Vancouver ont bondi de 525 $ US la tonne en juin à 763 $ US, ce qui représente une augmentation de 277 % d'une année sur l'autre, car Canpotex a haussé ses prix sur certaines ventes, leur faisant franchir la barre des 1 000 $ US la tonne (CFR), ce qui représente des rentrées nettes de 900 $ US à Vancouver. Les prix du cuivre à la Bourse des métaux de Londres (LME) ont également établi un nouveau record à 4,08 $ US la livre au début de juillet, sur fond de grèves sporadiques au Pérou, et les prix de l'aluminium ont atteint leur plus haut niveau en 20 ans, à 1,49 $ US, soutenus par les restrictions imposées par la Chine à ses fonderies afin de conserver l'électricité pour les Jeux olympiques de Beijing. Les prix des métaux ont par la suite considérablement diminué entre la fin juillet et la mi-août sous l'effet d'informations concernant un déclin du PIB de la zone euro au deuxième trimestre de 2008 et un repli de l'économie japonaise, ce qui révèle une conjoncture défavorable dans les pays du G7, laquelle menace de ralentir la croissance sur les 'marchés émergents'. Bien que les prix du cuivre aient chuté et se situaient à un creux de 3,29 $ US le 12 août (ils se chiffrent actuellement à 3,44 $ US), ils demeurent exceptionnellement rentables grâce aux très faibles stocks d'échange 'visibles' et aux perturbations de l'offre (vraisemblablement 750 000 tonnes en tout en 2008). La Chine, qui intensifiera probablement ses achats de cuivre à nouveau cet automne, pourrait bien annoncer un 'ensemble de mesures de stimulation de l'économie' pour contrer le ralentissement dans les pays du G7. Les priorités stratégiques chinoises ne visent plus à éviter une 'surchauffe', mais plutôt à soutenir une croissance durable, notamment par un assouplissement de la politique monétaire, peut-être d'ici la fin de l'année.

"L'évolution récente du marché de l'électricité chinois laisse entrevoir des prix élevés pour le charbon de chaudière et à coke à l'échelle internationale au cours du deuxième semestre de 2008", a ajouté Mme Mohr. "La Chine est aux prises avec un grave déficit énergétique cet été (30 GW selon les estimations, ou 4,2 % de la puissance installée totale de la Chine) en raison de l'insuffisance de l'approvisionnement en charbon de chaudière."

Les centrales thermiques comptent pour 80 % de la capacité de production de la Chine, mais les sociétés minières chinoises ont détourné une certaine quantité de charbon vers le marché extérieur afin de tirer parti de prix plus lucratifs. Les prix au comptant du charbon thermique à Newcastle, en Australie (un indice de référence pour l'Asie), ont atteint un sommet de 194,79 $ US la tonne au début de juillet, alors qu'ils se chiffraient à 66,90 $ US seulement il y a un an. Des contraintes portuaires et ferroviaires continuent de limiter les exportations australiennes (bien que d'importants travaux d'expansion soient en cours), l'Afrique du Sud affecte d'abord le charbon à une utilisation sur le marché intérieur pour faire face à un déficit énergétique, et l'Indonésie (principal pays exportateur de charbon thermique) pourrait réduire ses exportations. En conséquence, les exportations chinoises ont récemment atteint des niveaux records, ce qui fait que les prix à Newcastle se sont repliés et s'élevaient à 163,90 $ US à la mi-août.

La Chine a maintenant pris des mesures supplémentaires pour limiter le volume des exportations. Le 20 août, Beijing a imposé une taxe de 10 % sur les exportations de charbon de chaudière et fait passer la taxe à l'exportation de 5 % à 10 % sur le charbon à coke, et de 25 % à 40 % sur le coke. Combinées à une nouvelle hausse des prix de l'électricité de gros en Chine, ces mesures auront probablement pour effet de freiner les exportations de charbon chinoises au cours du deuxième semestre de 2008, resserrant les conditions de l'offre internationale et faisant augmenter les prix au comptant du charbon de chaudière et du charbon à coke sur les marchés asiatiques, ce qui est important pour les producteurs de charbon à coke de l'Ouest canadien dans les mois qui précèdent les négociations contractuelles annuelles pour l'exercice financier japonais 2009.

L'indice du pétrole et du gaz a également atteint un nouveau sommet en juillet. Les prix du pétrole brut léger et moyen/lourd ont établi de nouveaux records à Edmonton, et les prix à l'exportation du gaz naturel ont fortement augmenté. Les prix du pétrole WTI ont par la suite fléchi, passant du niveau sans précédent de 147,90 $ US le baril le 11 juillet à 117 $ US, les consommateurs des États-Unis ayant rapidement réagi à ces prix records en réduisant leur demande et les fonds de couverture ayant commencé à inverser les positions mises en place plus tôt cette année, soit une position acheteur pour les contrats à terme sur le brut et une position vendeur pour le dollar américain. Cependant, certaines inquiétudes liées aux 'risques géopolitiques en matière d'approvisionnement', principalement dans la région du Caucase, ont ressurgi à la fin d'août et soutenu les prix.

La consommation de pétrole aux États-Unis affichait un recul de 3,1 % d'une année sur l'autre à la mi-août, la baisse de 1,6 % du prix de l'essence et la chute de 8,6 % de celui des autres produits (le carburant aviation et le mazout domestique, notamment) ont largement compensé la hausse de 3,3 % des prix du carburant diesel et du fuel domestique. La diminution de la demande s'est accélérée aux États-Unis en mai, lorsque les prix du WTI ont franchi la marque de 125 $ US et que le prix de l'essence a dépassé 3,79 $ US le gallon (l'essence se vendait au prix record de 4,11 $ US le 16 juillet et vaut actuellement 3,68 $ US le gallon). Au premier semestre de 2008, le déficit commercial des États-Unis en lien avec le pétrole atteignait 197,9 G$ US (soit environ 48 % du déficit commercial total des États-Unis), alors que le baril de pétrole coûtait 111 $ US en moyenne. La baisse des prix du pétrole et la réduction des volumes d'importation contribueront à alléger le déficit des États-Unis relativement au pétrole, ce qui a récemment permis de soutenir la devise américaine dans une certaine mesure, bien que ce déficit risque fort de demeurer exceptionnellement élevé.

Les prix des 2x4 en pin-sapin-épinette de l'Ouest se sont redressés, passant de 241 $ US le millier de pieds-planche (kpmp) en juin à 277 $ US à la fin d'août (au-dessus des coûts moyens variables à l'usine des producteurs à faible coût du district intérieur de la Colombie-Britannique, plus la taxe à l'exportation sur les livraisons aux États-Unis). Les prix des panneaux à copeaux orientés (OSB) dans le centre-nord des États-Unis se sont également raffermis et se chiffraient à 222 $ US à la fin d'août (au-dessus des coûts moyens à l'usine dans la plupart des régions productrices de l'Amérique du Nord). Les réductions de production des usines et la nécessité pour les acheteurs de reconstituer leurs stocks ont stimulé les prix.

L'indice des produits agricoles s'est replié en juillet, alors que la diminution des prix du blé et du canola a annulé la progression de ceux de l'orge, du porc et du b?uf. Selon le Département de l'agriculture des États-Unis, un accroissement de la production de blé à l'échelle de la planète permettra de faire passer le ratio mondial stocks-utilisation, qui se situe actuellement à 18,5 %, à un niveau plus confortable, soit 20,9 %.

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

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